En aval du Salon

Salon du Livre de Colmar 2014 - lithographie originale de TardiLa vente de la lithographie originale de Tardi imprimée lors du Salon continue ;

 

En savoir +

Dernière minute !

- Michel Field sera présent au Salon le samedi 22 novembre de 15h à 18h ;

- Guy Marchand sera finalement absent ;

- L'interview d'Alexandre Jardin par Denis Cheissoux aura lieu dimanche à 15h30 au lieu de 15h (café littéraire, hall 2) ;

- L'interview de Daniel Picouly initialement programmé à 15h30 est annulée. Il sera présent au Salon samedi et dimanche jusqu'à 13h (stand la Bouquinette le samedi et chez Hartmann le dimanche) ;

- Christian Jolibois sera en interview avec Denis Cheissoux dimanche à 15h ;

- Marc Haeberlin sera présent au Salon dimanche à partir de 15h ;

Salon du Livre de Colmar 2014 - lithographie originale de TardiUne lithographie originale signée Tardi sera en vente sur le stand de Tom Borocco (hall 2) au profit de l'Institut Médico-pédagogique Les Catherinettes de Colmar.

 

Thème du Salon du Livre de Colmar 2014, 25e édition : "Délices"

Délices

 

Image du paradis terrestre ou de son inversion dans le tableau de Jérôme Bosch, l'Hortus Deliciarum est le plus célèbre manuscrit enluminé médiéval. Originellement réalisé au monastère du Mont Ste-Odile, il a disparu tragiquement dans l'incendie de la bibliothèque de Strasbourg en 1870.

 

Pour sa 25e édition, le Salon du livre de Colmar a choisi de traiter des Délices, au sens des petits bonheurs au quotidien. Lire dans l'herbe, imaginer la fin de l'histoire, boire, écouter, plonger, respirer, savourer avec délices. Délices de l'absurde, de l'humour, des mots et de la langue française. Délices de la sobriété, de la lenteur, des peurs délicieuses et des délicieuses bêtises. Et bien sûr, délices de la lecture, pour, aujourd'hui, pas moins de deux générations qui fréquentent et aiment ce Salon.

 

 

Les délices sont à la vie ce que les frous-frous sont aux robes de ces femmes que l'on dit frivoles. Elles semblent vaines, superflues, voire coupables et c'est pour cela qu'elles ont mauvaise réputation aux yeux des gens (trop) sérieux. Les délices enlacent votre âme comme une aubépine sauvage trouvée au bord d'un chemin creux, ou comme les roses d'un jardin bien caché dont on vient de pousser les grilles par hasard. Elles peuvent vous déguiser le malheur en ange bleu ou le bonheur en mal délicieux.


Les délices peuvent se boire, se manger, se respirer, se savourer et se lire. On s'y plonge avec un bonheur rendu encore plus délicieux par le vague sentiment de commettre un péché. C'est que le délice est toujours une sorte d'infraction à la terrible quotidienneté de la vie. Délices de l'amour, de l'humour, de l'absurde, des mots. Délices de l'ivresse et de la sobriété, de la lenteur comme de la fulgurance, de la peur comme de l'audace, elles sont d'autant plus subversives que la grammaire française a pris soin de les mettre, comme amour et orgue, au féminin quand elles sont plurielles.


Patrick Raynal, auteur, éditeur, traducteur et conseiller littéraire du Salon du livre de Colmar depuis 2010.

Le texte de la semaine : Luis Sepulveda

« La femme est arrivée avec la commande et j'ai vécu une autre grande et inoubliable découverte de ce voyage. J'ai goûté au jus très doux des pommes fuégiennes, petits fruits dont la peau dure protège la pulpe blanche des morsures cruelles des vents polaires. Fruits des pommiers plantés par des émigrants venus de Dieu sait où, fruits qui sont laids, avec leur couleur café délavé, mais d'une saveur incomparable.
- A votre petite santé, a dit le compagnon en levant son verre. Il s'appelait Don Pancho Armendia et était l'associé, le compère, le second à bord, le harponneur et le meilleur ami du Basque. »

 

Le monde du bout du monde

Luis Sepulveda

Editions Métaillé, 1993