22e SALON DU LIVRE DE COLMAR

RENCONTRES LITTÉRAIRES

26 & 27 novembre 2011
PARC DES EXPOSITIONS DE COLMAR - ENTRÉE LIBRE

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Osez suivre le lapin

Le thème
« Effroyables forêts ?» en 2011, en hommage à l’année internationale de la forêt lancée par l’Organisation des Nations Unies et aussi en hommage à ceux qui la racontent.
Hantée ou enchantée, menacée ou menaçante, lieu de rêve ou de solitude, abri des animaux sauvages et des lutins, zone d’ombre et poumon vert du monde, elle est un univers largement traité dans la littérature avec notamment, le nature writing, le roman noir et fantastique, les histoires de terroirs, ou encore les contes de fées et les sagas de vampires.

Les écrivains, illustrateurs et conteurs invités constitueront le bois des lettres de la manifestation. S’il est encore trop tôt pour communiquer la liste des invités, l’écrivain vosgien Pierre Pelot a d’ores et déjà accepté d’être l’invité d’honneur.
Avec pour cette 22ème édition, toujours une mise en valeur des métiers de  la chaîne du livre : auteurs, illustrateurs, relieurs, éditeurs, centres régionaux du livre, libraires et associations.


Pourquoi ce titre : « Effroyables forêts ?»

Vu l’ampleur de la thématique, nous avons choisi d’apporter une coloration onirique et « magique » à cette édition, proche des contes qui ont bercé notre enfance.
Une question suggérée par le point d’interrogation pour inviter à chercher derrière le rideau végétal, les images complexes et variées évoquées par l’univers sylvestre. On tend en quelque sorte un miroir pour entrer dans un autre monde façonné à partir de nos souvenirs intimes de lecture.
Le pluriel de « forêt » pour laisser entrevoir la richesse des forêts racontées dans les livres et albums : forêt vierge, féérique, urbaine, clairière, etc.


Une tonalité onirique et poétique
La forêt est semblable à une matrice…verte, où l’on peut se lover, se réfugier dans une cabane suspendue, comme un abri en apesanteur, au ralenti, loin du rythme effréné de la ville et de ses contraintes. C’est aussi un lieu de recueillement, de silence, un abri pour rêver, pour lire mais aussi, le dernier rempart du monde animal sauvage, peuplé de créatures fantastiques.
Un labyrinthe où l’esprit peut se perdre, pour évoquer des histoires et personnages qui peuplent nos mémoires. Se perdre dans la forêt c’est oser suivre le lapin blanc… rencontrer les personnages évocateurs de Charles Perrault, des Frères Grimm, de Joseph Rudyard Kipling, Lewis Carroll.


Une ambiance sylvestre
Baz’art Espoir, sous la houlette créatrice de Marie Pierre Moysès, fourmillera d’idées pour des installations sylvestres poétiques parsemées dans la clairière littéraire du Salon.


« Pour lire heureux, lisons perchés ! »



Une manifestation entièrement gratuite
transports, parking, entrée, ateliers et spectacles.
Qui débutera dans les classes des écoles, collèges et lycées avec la venue des auteurs pour des récréations littéraires, et également samedi 26 et dimanche 27 novembre 2011, de 9h à 19h, au Parc des expositions de Colmar.

Parce que nous croyons à la force du livre et du papier à l’époque du tout numérique, que le livre est un enjeu tout autant culturel qu’économique, qu’il garde la capacité de nous faire rêver, réfléchir, en un mot qu’il est indispensable à notre époque, pour se poser, s’enraciner et s’ouvrir aux autres dans leur singularité.
 

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Le texte du mois : Craig Johnson

Pour défricher et dénicher les textes autour de la forêt, nous vous présentons un texte différent chaque mois... en alternant un extrait "jeunesse" et un extrait "adultes".

« Les vendeurs nous avaient raconte que ce pick-up avait été utilisé pour aller chercher des sapins de Noël dans une ferme qu’ils possédaient à Grand Junction ; mais ils avaient passé sous silence le fait qu’ils s’en étaient aussi servis pour les abattre. On l’aurait dit tout droit sorti de la vilaine forêt après avoir tamponné chacun des vilains arbres. » (page 171)

« Je supposais que quelqu’un de ma taille pouvait y arriver, mais son agilité pour se faufiler entre les arbres devait être considérablement supérieure à la mienne. Je revins sur le chemin et commençai à m’enfoncer plus profondément dans la forêt à la recherche de traces de pas, mais je n’en aurai pas. Si le tueur était grand, il n’était pas lourd. Je dirigeai le faisceau de ma lampe vers les épaisses frondaisons des pins, cherchant un indice. Rien. » (page 236)

« Cela faisait du bien de respirer l’air de dehors, et je commençai tout juste à trouver un second souffle. Je sentais le parfum des pins vrillés qui dominait tous les autre, un parfum fort qui se transpose pas les désodorisants et les produits de nettoyage. Il y avait aussi l’altitude ; l’air paraissait tout simplement se respirer un peu plus librement au-dessus de trois mille mètres. » (page 248 – 249)

« Mon attention revint aux arbres, où j’avais vu du mouvement que j’attribuai rapidement au vent. » (page 283)

« Une brume était tombée sur les contreforts dans lesquels la piste s’enfonçait. Les nuages bas avaient commencé à grignoter les montagnes et nous nous dirigions en plein vers eux. Je ne savais pas pourquoi je me sentais aussi bien. Peut-être parce que j’avais le sentiment d’avoir relevé un défi, ou peut-être parce que je ne voyais pas d’alternative. Mais j’étais bien et je décidai de ne pas entacher cette bonne humeur avec trop de récriminations. » (page 288)

« La piste du Service des forêts qui suivait les coudes du torrent, restait visible, mais d’ici une heure, le creux du chemin serait rempli de neige fraîche. Je trouvais un peu réconfortant que la partie qui conduisait au parking de West Tensleep fût non seulement sous les arbres, mais en pente descendante, et il ne nous restait plus beaucoup de chemin à faire avant d’y arriver. » (page 290)

« Que faisais-je donc ? Qu’avais-je fait ? Il m’était difficile de penser. Il faisait plus sombre maintenant, et la neige tombait plus dru. Les flocons étaient plus petits que ceux de tout à l’heure, ils devinrent de minuscules disques plats qui tourbillonnaient dans l’air en évoluant avec les courants. Ils tournoyaient, s’arrêtaient, puis plongeaient dans la nuit, me donnant l’impression que je tombais en arrière. La nuit était bien là. La dépression du chemin se poursuivait dans la montée et les ombres des arbres persistaient des deux côtés. Si je restais entre ces deux lignes et que je continuais à monter, je finirais bien par arriver à lui. »  (page 306)

« Je me souvins qu’il y avait quelque chose qui m’attendait un peu plus loin, alors je repartis, mais les voix restèrent derrière moi. Elles avaient choisi de demeurer dans la forêt, et je me serais volontiers retourné pour les regarder une dernière fois, mais cela m’aurait coûté plus d’énergie que je n’en avais. »  (page 313)

« Des nuages couronnaient les montagnes dont les parois enneigées réfléchissaient le soleil d’un jaune acide dans un des couchers de soleil les plus magnifiques et pervers que j’aie jamais vus. Les cumulus étaient pommelés comme l’arrière-train d’un poulain appaloosa, et la beauté du paysage m’étreignit la gorge. Le vent agitait les branches nues des peupliers de Virgine et berçait les plus longues, l’herbe et la sauge frissonnaient au ras du sol ; Ses assauts contre le camion me rappelèrent que j’avais perdu mes deux vestes. »  (page 386)

Craig Johnson
Little Bird
Editions Gallmeister, 2009